Ainsi, David, 35 ans, a pu le constater : ? D’habitude, je ne me lave pas tellement les mains. Je prends le métro, j’arrive au travail… Souvent je mange un sandwich sans passer par la case salle de bains, et je vais même chercher mon fils à l’école sans me laver les mains. ? à la réflexion, ce Lyonnais ne se lave les mains que le matin ? sous la douche ? et le soir ? au moment de se brosser les dents ?. Enfin ?a, c’était avant. Car les mesures prises avec la grippe A obligent ce sceptique a se plier à une hygiène de vie légèrement plus stricte.
Lavabos, savons et gel hydroalcooliques
? Désormais, à la pause déj, il y a toujours une collègue pour me tendre son gel hydroalcoolique antibactéries. Les industriels ont d? se faire des millions avec cette histoire ! ?, soup?onne-t-il. à l’école, passage obligé par l’entrée où, sous l’?il d’une dame de service, chaque parent doit se frotter les mains avec une solution lavante. Et le soir, sa compagne lui suggère avec insistance de passer par le lavabo avant de passer à table, depuis qu’elle craint la contamination. Finalement, David est passé de 2 lavages quotidiens à 5. Le docteur Olivier, médecin généraliste à c?té de Marseille, analyse : ? ?a peut sembler anodin, mais ce simple geste permet de diminuer de moitié le risque de gastroentérite par exemple, en limitant le nombre de germes portés en bouche par objet interposé. Mais aussi le risque d’infection, le risque de kyste sur le visage pour les personnes qui se touchent beaucoup la tête au cours de la journée. ?
Et encore : d’après lui, 5 lavages, ce n’est pas suffisant. Il en faudrait un avant et après chaque transport, avant et après chaque repas, avant et après chaque passage dans un nouveau lieu, sans oublier les passages par les toilettes ou les échanges avec des collègues, tels que mains serrées, claviers d’ordinateurs ou téléphones prêtés pour être certain de ne pas s’échanger de microbes. ? En nettoyant les mains des parents avant l’entrée à l’école ou à la crèche, il est s?r qu’on diminue le risque non seulement de grippe A, mais aussi et surtout de grippe tout court, et d’autres virus. ?
Chacun cherche son masque
En plus de la campagne pédagogique organisée autour du lavage de mains, la généralisation du port des masques pour les personnes malades a également eu des bienfaits indiscutables, d’après le docteur Olivier qui explique : ? Porter un masque peut passer pour une excentricité, mais le masque empêche au moins d’éternuer sur quelqu’un. Pour les personnes qui prennent les transports en commun, par exemple, ?a peut s’avérer utile. ? Il conseille de faire abstraction du regard d’autrui et de se concentrer sur la santé de chacun, arguant que les Japonais ou les Suédois, par exemple, ne s’encombrent pas de ce genre de considération. ? Quand vous voyez une personne porter un masque, dites vous qu’il vous évite des contaminations et pas qu’il est le clown de service ?, conseille-t-il. à ceux qui penseraient que trop d’hygiène tue l’hygiène, il tient également à rappeler que jusqu’au début du XXe siècle, on prenait pour coquets les gens qui se lavaient tous les jours.
Le système D de la prévention
Pour terminer, de plus en plus de personnes, par crainte d’attraper la grippe H1N1, anticipent en renfor?ant leur organisme : vitamines C, alicaments, magnésium… La compagne de David lui prépare ainsi chaque matin une clémentine et une ampoule de vitamine. Leur fils, lui, a re?u une ampoule de vitamine D en complément de son alimentation habituelle. Et le vaccin, alors ? Pour le docteur Olivier, c’est ? le plus s?r moyen de ne pas l’attraper ?. Pour David en revanche, c’est le plus s?r moyen d’être malade 3 jours avec les conséquences et les effets secondaires. ? De toute fa?on, avec toutes ces mesures d’hygiènes, je n’ai jamais été aussi propre. Grippe, grippe A, rhume, gastro, virus, rien de tout ?a ne passera par moi ! ?, affirme David. Des propos tout de même nuancés par le docteur Olivier, qui affirme que ? se laver les mains c’est bien, mais les gens propres peuvent aussi tomber malades ?.
Améliorer l’état sanitaire de la population
Une mesure seule ne peut suffire, c’est certain. Les conclusions d’un rapport parlementaire réalisé à l’époque de l’épidémie de SRAS par le professeur Patrice Bourdelais, de l’école des hautes études en sciences sociales, le rappelle : ? La lutte contre les épidémies s’est finalement exercée […] par une mise en ?uvre de politiques intérieures qui permettaient d’améliorer l’état sanitaire des populations et également de rendre celles-ci plus résistantes aux agressions infectieuses. La lutte contre la pauvreté depuis le milieu du XIXe siècle en Europe en est un exemple. La mise en ?uvre des grands systèmes de protection sociale garantissant un accès aux soins au XXe siècle va également dans ce sens. ? En amont, seul un pouvoir d’achat décent et un accès aux soins facilité permettront donc à tous de se protéger contre les épidémies.
Marlène Schiappa
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